Film : La Base sous-marine de Saint-Nazaire entre humanité et barbarie .

Je vais tenter de vous présenter, non pas à la « Le Masque et la Plume » ou encore à « La dispute » -;) ce documentaire sur la thématique de la Base de sous-marins de Saint-Nazaire d’après mes prises de notes d’il y a quelques mois.

The U-boat pens of St-Nazaire
Il s’agit d’un film s’appuyant sur des documents d’archives, sur des témoignages de personnes ayant participé à la construction de l’U-Bunker nazairien et des spécialistes du sujet. Chaque image d’archive est mise en abîme à travers un procédé de projection du film des année 40 en noir et blanc, sur des pans de murs de la Base de sous-marins. L’alternance entre ces images d’époque et la couleur ne gène en rien le spectateur, car il n’y a pas un surplus d’effets graphiques comme dans de nombreuses vidéos actuelles. Au contraire, l’effet est intéressant. Un regret cependant, concernant la forme qui peut interroger sur le fond: à un moment, le cinéaste filme des rails sur le dock du bassin à flot n°1, alors qu’un des intervenants précise l’utilité de la construction de voies ferroviaires par les allemands pour y faire transiter du matériel vers et dans la Base. Filmer des rails sur un quai portuaire, devant le terminal frigorifique et face aux deux grues (sur rails) peut être considéré comme un raccourci ; d’autant que dès le XIXe siècle les ports se constituent en véritables interfaces entre l’arrière pays et l’Océan par l’installation du rail et sa connexion aux réseaux ferrés. Mais, le spectateur l’aura compris, l’intervenant parlait de la connexion du réseau ferré à l’intérieur du U-Bunker avec le réseau civil ; « l’ancienne gare1 », étant juste face à la Base, il était ainsi aisé de profiter du chemin de fer pour l’acheminement des matériaux de construction. Autre raccourci (qui est un détail) de la part de ce même intervenant, toujours concernant le réseau ferroviaire, il compare en effet le réseau ferré de l’U-Bunker avec ceux des camps(…).

Ces remarques sur la forme, nous permettent une transition vers le fond du documentaire, qui traite véritablement de l’historique de la construction liée à l’histoire de la ville au moment de l’invasion nazie. En introduction, le réalisateur revient sur le rôle important de Saint-Nazaire pendant la Première Guerre Mondiale, où les soldats américains y étaient débarqués et stationnés avant d’être envoyés au front. Cela afin d’indiquer qu’en 1940, « 40 000 soldats anglais, tchécoslovaques et polonais » rembarquèrent quelques heures avant l’arrivée des premières troupes de la Wehrmacht. Dans une revue maritime, il est précisé que « 57 000 hommes sont évacués de Saint-Nazaire ». On peut ainsi parler en 1940, de Saint-Nazaire comme « d’un petit Dunkerque ». Le documentariste rappelle toujours en introduction la plus grande catastrophe maritime du XXe siècle, où plus de trois mille hommes (en majorité des soldats) moururent :

– il s’agit la perte du paquebot Lancastria au large de Saint-Nazaire, coulé le 17 juin 1940 par un « Junker 88A de l’escadrille de combat II/KG 30 ».

Une revue maritime précise à ce sujet que « […] les pertes de vies humaines sont énormes, au moins doubles de celles du Titanic ». Le film nous rappelle aussi que, c’est de Saint-Nazaire que le Jean-Bart part le 19 juin 1940 juste avant les premières troupes motorisées allemande, qui arrivent le même jour à Nantes « et trois jours plus tard à Saint-Nazaire ». Si mes souvenirs sont justes, le bâtiment Jean-Bart n’était à peine armé, ni terminé et il quitta Saint-Nazaire dans l’état aidé par des remorqueurs, un véritable exploit donc.

La situation géographique de Saint-Nazaire est excellente et les allemands décident donc d’en faire une base pour leurs U-Boote, ainsi que pour des petits navires de surface. Le film, en s’appuyant notamment sur les témoignages d’hommes ayant participé au chantier, revient sur la construction du U-Bunker qui sert à protéger les sous-marins des attaques aériennes alliées. Au cours 52 minutes, le réalisateur répond donc aux questions suivantes :

  • Comment l’U-Bunker va-t-il être construit et par qui ?

  • Comment fonctionnera t-il et quelles en seront ses défenses ?

  • Quels types de sous-marins et combien seront-ils basés à Saint-Nazaire ?

  • Où seront logés les équipages et les forces d’occupation ?

De même, il évoque l’opération Chariot et en conclusion sur la venue de De Gaulle à Saint-Nazaire.

Un documentaire à voir donc, car il suit une rigueur historique tout en proposant un forme attrayante. Je vous invite à en demander l’acquisition à vos bibliothèques et médiathèques afin de comprendre l’histoire de cette base qui a conditionné le futur la ville de Saint-Nazaire, détruite à 85 % en 1945. Si nous plagions Solaar, nous pourrions écrire que la guerre « est passée pour être présente dans son futur ».

Si vous souhaitez découvrir les Bases de Saint-Nazaire et de Bordeaux in-situ :

  1. contactez pour celle de Saint-Nazaire contactez l’Ecomusée

  2. Pour les bases de sous-marins de Bordeaux surveillez les annonces relatives aux visites organisées par l’association Mers et Océans.

Saturday, the 12th of January: The translation is here 😉

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2 réflexions au sujet de « Film : La Base sous-marine de Saint-Nazaire entre humanité et barbarie . »

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