Réhabilitons nos bunkers en data-centers !

Images repostées le vendredi 13 juin 2014. Liens externes dropbox supprimés le 27/11/2016.

Le Bunker «Pionen»

Vérifiant l’intégralité d’un fichier vidéo poadcasté récemment, mais non encore visionné, j’y ai découvert une séquence présentant le bunker « Pionen – Pivoine ».

BunkerPionen3

L’entrée du bunker Pionen – « Pivoine » en français.

Après une petite recherche dans la presse d’Outre-Manche et métropolitaine effectuée, on apprend qu’un ancien blockhaus de la Guerre Froide a été réhabilité en centre de… protection des données. Du bunker anti-atomique au data-center il fallait y penser.

All credits: Bahnhof.

All credits: Bahnhof.

Il s’agit d’après certains articles, cités in infra, d’un bunker construit dans les années 1940, puis restructuré dans les années 1970 en abri anti-atomique. Il se situe à Stockholm en Suède, sous le « Vita Berg Park » dans le quartier de Södermalm.

Le résultat de cette réalisation me semble pertinent. Les serveurs, nous le savons, sont consommateurs en énergie. Ils produisent de la chaleur et sont leurs ventilateurs sont bruyants. Pourtant nous avons besoin pour nos sites web et blogs. L’abri anti-atomique en béton étant assez frais et agrémenté de plantes, il permet ainsi un renouvellement du dioxygène dans cet espace de travail peu commun. Toutefois des ventilateurs complémentaires doivent compléter le renouvellement de l’air. De même, je ne pense pas que la société exploitante du lieu continue à se servir des générateurs au diesel provenant d’anciens U-boote 😉

Les photos qui suivent proviennent toutes du reportage d’Arte intitulé : The Pirate Bay. « The P. Bay » est aussi un site qui fait héberger son proxy dans le server d’un parti politique. Lequel server est situé dans le « Bunker Pionen » – vous avez suivi ?

BunkerPionen4

Le serveur du parti hébergeant le proxy du site P. Bay, au sein du « Bunker Pionen ».

Le bunker et la société qui l’utilise, « Bahnhof », ont profité d’une bonne publicité en 2010 ; lorsque les journaux ont relayés l’information indiquant qu’un des clients de « Bahnhof » était Julian Assange. Le site WikiLeaks bénéficiant en 2010, (et peut-être encore ?) de deux servers dans ce bunker anti-atomique suédois. D’autres journaux ont aussi nommé ce centre de données : « the James Bond villain’s bunker ». En effet, comme dit un des administrateurs de « P. Bay » : « Pionen est une mise en scène à la Mackintosh » ; je suis certain que vous comprendrez la référence.

Les armoires contenant les serveurs du bunker « Pionen ».

Les armoires contenant les serveurs du bunker « Pionen ».

Autant nous ne ne pourrons dire si les employés de la société Bahnhof, travaillant toute la journée sous des lumières artificielles, sont ou non satisfaits de ces conditions de travail. Nous ne pourrons pas non plus juger de l’impact écologique global d’une telle installation, même si au niveau de l’occupation du sol l’impact est plutôt maîtrisé. Le bunker se trouvant sous terre a été auparavant un lieu d’expositions, après avoir été délaissé par la Défense Suédoise. Pour un bunker construit durant la Seconde Guerre mondiale, réutilisé pendant la Guerre Froide puis réinvesti en galerie d’art et enfin en data-center, ce bunker s’avère être un lieu modulable. Il est clair, que la réhabilitation d’un tel espace, construit en béton et de granit, en centre de données est plutôt une bonne idée. Même si ce n’est, finalement, pas nouveau de réutiliser un abri de ce type. L’exemple le plus proche, serait celui du « blockhaus de Nantes », situé sur « l’île de Nantes » ; près des machines de l’île – pour les touristes de passage.

Dans ce ancien abri de défense passive, différentes catégories de travailleurs : auto-entrepreneurs, dessinateurs de bandes dessinée, informaticiens, etc. utilisent ce lieu depuis plusieurs années déjà comme simple bureau. À l’époque, (je n’ai pas la date précise car j’ai toujours connu cet espace comme utilisé), du réinvestissent de l’abri; ces personnes n’avaient pas, contrairement au « bunker Pionen », profité d’une couverture médiatique. Au contraire, je crois qu’ils étaient plutôt discrets. Il s’agissait simplement d’occuper un espace inoccupé. Depuis, le quartier a été complètement transformé. Ne m’avait-on pas conseillé plus jeune, en me montrant un ancien hangar – entrepôt – fabrique, de le racheter car « […] il vaudra une fortune plus tard » ? La prévision fut juste, sauf que je n’avais pas racheté la fabrique… En effet, la réhabilitation de cette friche (le quartier dit de l’île de Nantes) industialo-portuaire en un espace de promenade et de bureaux a entraîné la « gentrification » habituelle. Finalement cet abri de défense passive, à la fois intégré dans le tissu urbain nantais est aussi à contre-courant du projet de requalification urbaine. Car innovateur, avant l’implantation des start-up innovantes dans ce quartier, « le blockhaus de Nantes » continue lui-aussi d’être un espace de créations à l’échelle locale.

La fusée lunaire du Professeur Tournesol posée sur une table en verre, dans la salle de réunion du bunker Pionen.

La fusée lunaire du Professeur Tournesol posée sur une table en verre, dans la salle de réunion du bunker Pionen.

Toutefois pour en revenir au concept du « bunker-data-center » ; celui-ci pourrait-il être repris localement ? Par exemple aux Sables d’Olonne, commune qui envisage, malheureusement, de détruire un bunker-infirmerie de la Seconde Guerre mondiale. Cela pour faire place à une nouvelle construction. Ne serait-il pas plus pertinent, afin de transmettre l’histoire de ce patrimoine, de réutiliser la structure pour la réalisation de la médiathèque des Sables ? En outre, une médiathèque est de nos jours composée d’un « espace info-média ». La structure en béton armé pourrait-elle, par exemple, servir à l’installation des ordinateurs ? D’autant que les techniques de maîtrises du béton sont désormais bien acquises et que l’édification de ce futur espace culturel sera très certainement réalisé en… béton. Une question de gestion patrimoniale importante, que nous laisserons ouverte.

Articles à consulter sur la future destruction créatrice/ ou création-destructrice aux Sables d’Olonne :

O-F, « L’emplacement de la médiathèque en débat », mars 2013.

O-F, « Le monument des déportés sera déplacé », mars 2013.

O-F, « Contre »,mars 2013.

O-F, « La médiathèque en débat : le maire d’Olonne réagit », avril 2013.

Concernant le bunker-infirmerie des Sables:

le lecteur consultera les travaux de Benoît Boucard dont : id., « Un monument remarquable de la Seconde Guerre Mondiale : Le Blockhaus de la rue de Verdun aux Sables d’Olonne » pp. 13-17, in Olona n°213, septembre 2010. Revue notamment consultable à la bibliothèque de l’ICES de la Roche-sur-Yon.

Global readers:

I won’t have the time to transatle this post untill some days (but I promise I’ll do it); so I suggest you to see that little video. If you cannot download it, you could watch it directly on the website it may comes. It explains the story of the Pionen Bunker and describes it. Also you can read this Daily Mail newpapers’ article: « INSIDE THE ASTONISHING SUBTERRANEAN WIKILEAKS HQ ».

« Let's do some coding together on the Moon ». Inside the meeting room. #Pionen Bunker.

« Let’s do some coding together on the Moon ». Inside the meeting room. #Pionen Bunker.

6 réflexions au sujet de « Réhabilitons nos bunkers en data-centers ! »

  1. Ping : The Pionen Bunker. | U-Boat Bases in France – Bases de sous-marins en France

  2. Belle idée et belles recherches pour cet article.
    Dans la même veine, quelle reconversion proposez-vous pour les bunkers de Werner à La Teste ?
    Ils vont soit finir sous l’eau, soit complètement ensablés. Dommage de laisser partir un tel patrimoine.
    La mairie de La Teste ne semble pas s’en préoccuper avant les élections.
    Cordialement

    • Bonjour Marcel,
      Je vous remercie pour votre commentaire.
      Effectivement, de nombreux bunkers du Mur de l’Atlantique finissent sous les eaux. Mais, le monde « sous-marin » demeure un patrimoine tout en étant un véritable écosystème. Les bunkers côtiers servent de nos jours, aux scientifiques « purs » pour repérer l’érosion. Personnellement, je préfère que le bunker (au sens général) devienne sous-marin – et ainsi demeure visible pour celles & ceux qui peuvent participer à des plongées sous-marines, plutôt qu’il ne soit détruit. En outre, la plupart de ces ouvrages furent construits à la hâte sur un sol non stable. Au sujet du patrimoine sous-marin je reviendrai, dès que j’aurai de nouveau du temps via un post, sur les différentes initiatives du DRASM, ainsi que sur celles prises par nos amis les Belges. Je comprends votre question, mais l’Océan aura toujours le dernier mot. Toutefois, si vous avez des hypothèses et propositions à soumettre quant-à la protection du littoral, profitez de la page que vous avez ouverte ; je ne manquerai pas de vous lire. Personnellement, je connais pas encore assez le bunker dont vous me parlez pour émettre des suggestions. Je me renseignerai.
      À bientôt.
      Jean-Baptiste

  3. Ping : An inhabited bunker? | Photos Blog

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