Retour sur le colloque : « Défendre la mer »

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Retour sur le colloque : « Défendre la mer » et une réflexion sur la transmission de l’histoire des anciens U-bunkers

Les 20 et 21 octobre se tenait à Bordeaux le colloque : « Défendre la mer à grande échelle. Bases navales et infrastructures maritimes (XIXème – XXème siècle) » [lien externe vers le site de l’Université Bordeaux Montaigne].

Si nous n’avons peut être pas pris suffisamment le temps de communiquer sur le déroulé de ce colloque1, il n’en demeure pas moins que les deux journées furent très intéressantes et stimulantes.

Au cours de ce colloque, il a été notamment remarqué la quasi-absence de mesures de patrimonialisation des anciens U-bunkers toujours présents dans nos six villes portuaires métropolitaines1. Pourtant, il demeure une volonté de la part de certains acteurs de ces constructions de transmettre leurs souvenirs, par des actions mémorielles comme la pose de plaques sur les anciennes bases protégées. Néanmoins le visiteur des structures culturelles – ou de l’U-bunker où elles-sont installées – ne possède pas toujours de clefs pour comprendre la présence de ces édifices ; ce qui parfois conduit à la répétition de « légendes urbaines » ou pires – une légende étant généralement basée sur quelque chose de vrai – de raccourcis historiques.

Il semblerait, par ailleurs, que certaines villes portuaires (ou ex-portuaires) souhaitent remplir les anciens U-bunkers d’activités de loisirs. Si, les structures culturelles « Base sous-marine » à Bordeaux et « Escal’Atlantic » à Saint-Nazaire semblent – à mon avis – bien pensées au regard de l’histoire de ces deux U-bunkers, il est possible de s’interroger sur les autres projets en cours. Remplir une base d’activités peut être une idée intéressante, mais encore faudrait-il penser à la transmission de l’histoire du lieu. Celui-ci étant déjà attractif de par sa monumentalité et les questionnements qu’il suscite ; nous le remarquons en effet à chaque visite à caractère historique que nous organisons les uns et les autres. La transmission de cette histoire peut éventuellement s’inspirer de ce qui se fait à Brème en Allemagne, mais aussi, dans un premier temps, elle peut passer par une réflexion autour de l’installation d’une exposition permanente et/ou de bornes d’interprétations.

Ce colloque a, entre autres, permis de s’interroger sur les valorisations existantes de différents patrimoines militaires. Il a été rappelé que les chercheurs sont toujours disposés à travailler avec les élus et chargés de missions. J’ai remarqué au cours de mes recherches que parfois l’historien semble impressionner. Il est encore imaginé que nous voulons « tout conserver », ce qui ne veut rien dire. En outre, nos projets collaboratifs ne peuvent qu’apporter une image de qualité et de durabilité aux villes. Au contraire, l’immédiateté d’une vision à très court terme, même si elle permet un semblant de notoriété à celle ou celui qui est la/le porteur du projet, n’est pas une solution viable et peut aussi entraîner une dépense importante en argent public, voire pire une perte de patrimoine au sens économique du terme. Enfin un U-Boot-Bunker, même s’il n’est plus intégralement exploité depuis les années 1990, n’est pas vide de sens. L’histoire de ses fonctions durant la Seconde Guerre mondiale et de ces activités utiles aux ports et à la Marine nationale après-guerre, doivent être transmises et pas uniquement par le bais de journées d’études scientifiques ou de visites guidées associatives.

Les actes du colloque devraient être publiés dans un an. En attendant, je vous invite à emprunter dans votre bibliothèque préférée les précédents actes des colloques organisés par la même équipe. Ces deux précédents recueils d’articles portent pour l’un sur : « le petit patrimoine côtier fortifié » et pour l’autre sur : « les fortifications en montagne ». Ils sont des clefs pour comprendre les enjeux de la valorisation de ces lieux.

Encore une fois, amis girondins, désolé de ne pas vous avoir prévenu par le biais d’une note sur ce blog de l’organisation de ce colloque. Je vous dis néanmoins à bientôt !

1Sachant qu’au même moment se déroulait un autre colloque sur : « Les arsenaux de la Marine du XVIème à nos jours », auquel évidement je n’ai pu assister. Le programme est consultable ici : lien vers le site de la Société française d’histoire des outre-mers.

2Les villes qui possèdent tout ou partie d’un U-bunker sont : Brest, Lorient, Saint-Nazaire, La Rochelle – Pallice, Bordeaux et Marseille.

Le Ville de Bordeaux qui aurait été racheté, le Vendredi 13 (invisible sous la bâche blanche), le pertuis et l'U-Boot-Bunker au niveau du Bassin à flot n°2

Le Ville de Bordeaux qui aurait été racheté, le Vendredi 13 (invisible sous la bâche blanche), le pertuis et l’U-Boot-Bunker au niveau du Bassin à flot n°2.

The 20 and 21 of October was held the international conference on “Defend the sea in a global perspective. Naval bases and military infrastructures (XIX to XX centuries).”

Even if we may have not enough taken the time to communicate on this conference, these two days were quite interesting and stimulating.

During this conference, it has been noticed in a certain extend the lack of heritage development regarding the old U-Boat bunkers; buildings which are still present in our six metropolitan cities’. Meanwhile, from elder participants of those constructions the wish of souvenirs transmission still stays. This goes by shares memorial like the installation of plaques on the old protected bases. Nonetheless, whom visits cultural structures installed inside those edifices won’t have the keys to understand the presence of these buildings. Sometimes this lack of information leads to the transmissions of wrong information as “urban legends” or even worse – as a legend is often based on something real – like historical shortcuts. Besides, it seems that some port-cities (or ancient port-cities) want to fill U-bunkers by leisure activities’. If the cultural structures: “Base sous-marine” at Bordeaux and “Escal’Atlantic” at Saint-Nazaire seems – I suggest – well thought regarding the History of those two U-bunkers, it can be possible to think about the current projects. To fill a old submarine base of activities could be an interesting idea, but the History transmission of the site still has to be think. The site – the U-bunker – is already attractive by its monumentality and the questions that it brings. This last statement is confirmed by each historical visit/tour we organize. The History transmission could perhaps be inspired by what it is done in Bremen Germany. But, in a first time it can done by a collective thinking about an exhibition or signs.

The conference has through others, allowed us to interrogate on the current military heritage protections’. It has been reminded that the researchers are always willing to work with elected persons and project managers. I have personally remarked that sometimes people are worried about talking with historian. It is sometimes imagined that we want to “preserve everything” which doesn’t mean anything. A short time vision, even if it allow the project’s holder isn’t a viable solution and can also induce public spending or even worse a loss of the patrimony. Also a U-Boot-Bunker, even if it is not integrally used since the 1990’s, is not meaningless. The U-Boot-Bunker functions’ during the Second World War and its post-war activities have to be transmitted – by not only scientific conferences or guided visits.

The proceedings would be published in a year. Meanwhile, I invite you to borrow into your favourite library the two previous books directed by the same team of researchers.  These two books regard: “the little coastal fortified heritage” and “the mountain fortifications”. These are some keys to understand the issues of fortifications heritage development.

A view from the other side of the 1st tidal basin.

A view from the other side of the 1st tidal basin.

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4 réflexions au sujet de « Retour sur le colloque : « Défendre la mer » »

  1. Bonjour Jean-Baptiste,
    Une exposition permanente serait la bienvenue à Bordeaux, où l’on doit se contenter de quelques photos et panneaux d’affichage aux quatre vents et quasiment sur les « flots », dans les alvéoles !
    A suivre ! 🙂

    • Hello Marion,
      Merci pour ton commentaire. J’ai vraiment regretté de ne pas t’avoir parlé de ce colloque avant… mais la préparation et les autres activités ne m’ont pas laissé le temps de diffuser l’information.
      Alors si je te lis bien il y aurait quand même quelques panneaux explicatifs? Cela doit être récent alors; à moins qu’il s’agisse des panneaux qui étaient précédemment installés dans un interbox? Je n’ai pas eu l’occasion – le temps – de renter dans l’U-bunker depuis que « La Base sous-marine » a repris ses activités. Peux-tu m’en dire plus stp, soit ici soit par courriel? Quoi qu’il en soit cette installation est déjà un bon point de départ à noter.
      Bises!

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